Un projet d’implantation de péniche en bord d’Allier, côté Moulins Quai d’Allier est actuellement à l’étude. 

Imaginé par Gilles Boireau et Lydia Gualdino, et soutenu par l’association Old’Stars, ce projet de grande envergure basé sur l’économie participative, l’économie sociale et solidaire se veut avant tout un projet associatif tourné vers la nature mais aussi un lieu de rencontre et de partage.

Un lieu multifonction « Made in Allier » 

A mi-chemin entre le privé et le public, le projet suscite déjà un vif intérêt de la part des entreprises et structures locales. La péniche sera en effet un espace musical et artistique conçu dans un esprit bistrot- concert-restauration avec une véritable scène ouverte amarrée sur les bords de l’Allier mais aussi un lieu touristique promouvant le patrimoine de la ville, son histoire élargie à celle de la région ainsi que les produits et producteurs locaux, tout en favorisant les circuits courts.

Ce projet a donc véritablement à cœur de soutenir la scène artistique locale et régionale et de valoriser son économie, son tissu associatif et ses habitants. Toute l’agglomération sera impactée par cette dynamisation du cœur de Moulins, l’emploi y compris. Les initiateurs du projet veulent vraiment en faire un projet de territoire en y incluant tous les acteurs du coin.

Un lieu chargé d’histoire

L’idée de la péniche n’est pas tombée du ciel. Moulins a connu dans les années 60-70-80 la péniche de la famille Boutry, poissonniers de leur état. Des barges et bateaux-lavoirs transportant le bois la côtoyaient aussi. Les plots d’amarrage sont d’ailleurs encore visibles aujourd’hui.

De nombreuses activités y sont envisagées : salles d’exposition, restaurant, bar-dansant, concerts et soirées bœuf, locations pour séminaires d’entreprises, dîners spectacles, DJ, karaoké, lounge-bar, réunions associatives, café-littéraire, soirées cabaret, cours de danse, zumba, gym, étapes pour randonnées et bien d’autres encore.

Un franc succès

Il n’est que de regarder la page Facebook dédiée à ce projet pour se rendre compte qu’il rencontre déjà un franc succès : 674 membres à ce jour l’ont déjà plébiscité et de nombreux commentaires sont très positifs. Des particuliers mais aussi chefs d’entreprise, artisans, associations, artistes, étudiants souhaitent apporter leur aide à ce projet. La prochaine étape va être maintenant d’aller recueillir plusieurs sources de financement : dons, prêts participatifs, prises d’actions par les particuliers, aides, subventions, mécénat, mais aussi prêt bancaire. Le projet s’élèverait à plusieurs milliers d’euros. Les initiateurs du projet se sont entourés d’experts et de structures spécialisés dans la recherche de nouveaux financements et susceptibles de leur venir en aide. Les Old’Stars sont incubateurs du projet péniche, une partie de l’association se transformera prochainement en SCIC (Sociétés coopératives d’intérêt collectif)

Une maison flottante

La péniche spécialement fabriquée pour le projet selon le concept d’une maison flottante sera une structure d’une capacité d’accueil de 150 à 200 personnes. Les flotteurs seront amarrés sur les berges en respectant les normes sécuritaires et environnementales et suivront les variations du niveau d’eau afin de prendre en compte les crues de l’Allier. Toutes les conditions de sécurité et normes d’habitabilité ont été étudiées. 

Gageons que la ténacité de ses initiateurs l’emportera ! Ce serait un véritable poumon économique, social et culturel pour l’agglomération de Moulins.

Rencontre avec Mme Boutry, ancienne propriétaire de La Péniche dans les années 60. Elle nous reçoit chez elle où nous passons un agréable moment en sa compagnie.

Mme Boutry

Esprit Edition : Parlez nous de Cristianne, cette péniche Berrichonne de 27 m de long, à quoi servait-elle ?

Simone Boutry : Cette péniche servait à l’empoissonnement des étangs. Nous pouvions stocker jusqu’à 12 ou 13 tonnes de poissons sur celle-ci. Les personnes venaient de loin pour s’approvisionner. On y trouvait, gardons, perches, anguilles, carpes, tanches, brochets, etc.

Esprit Edition : Pourquoi avoir fait cette acquisition et l’avoir amarré sur les berges de l’Allier près du pont Régemortes ?

Simone Boutry : A l’époque, dans les années 60, nous tenions avec mon mari, la poissonnerie rue de Lyon, et nous avions une quarantaine d’étangs qui servaient pour l’empoissonnement.On pêchait le week-end et cela nous arrivait même de vendre sur la chaussée. On fournissait et échangeait également les poissons avec des pays étrangers. Au départ, nous avions des gros bassins à la maison à Yzeure pour le stockage, mais ils ne suffisaient plus. Un jour, allant à la chasse mon mari apprit qu’un ami vendait sa péniche. Et de là tout s’est enchaîné. L’histoire est longue, nous sommes allés la chercher à Marseille les Aubigny et avons traversé 4 départements durant 4 jours pour la ramener à Moulins. Ce fût une belle aventure ! A notre arrivée, il y avait autant de monde sur le pont Régemortes pour admirer le spectacle que pour l’arrivée de Général de Gaulle. Cela faisait 100 ans qu’une péniche n’avait pas remonté l’Allier, vous vous rendez compte de l’exploit à l’époque !

Esprit Edition : Comment s’est passée l’amarrage de la Péniche ?

Simone Boutry : Difficilement, c’était une année de sécheresse. Nous étions une quinzaine de personnes à bord, dont notre pilote Mr Pérucher (ancien propriétaire de Cristianne). Nous sommes passés sous la deuxième marche du pont en venant de la Madeleine, mais elle est restée coincée car il y avait trop de sable et peu d’eau. Un gros tracteur est venu avec une chaîne pour tirer la péniche et l’a remettre à l’eau plus loin. Pour continuer nos péripéties, la chaîne a cassé, heureusement aucun blessé ! Mais finalement, tout c’est bien terminé et nous avons pu l’amarrer de l’autre côté vers les bateaux lavoirs. Toute une expédition !

Esprit Edition : Comment avez vous aménagé votre péniche Cristianne ?

Simone Boutry : Elle était destinée exclusivement à mettre notre empoissonnement. Pour cela nous avons du faire 500 trous dans la coque et déverser 4 tonnes de pavés de Moulins pour faire descendre la péniche d’1,50 m dans l’eau. Avec cette technique, les bacs se remplissaient et le poisson restait au frais dans l’eau de la rivière Allier.

Esprit Edition : Merci Mme Boutry, de nous faire partager tous ces souvenirs concernant Cristianne la péniche berrichonne de Moulins.

Simone Boutry : Pour la petite histoire, il n’y avait plus que deux berrichonnes en France.

Esprit Edition : Avez-vous entendu parlé du projet La Péniche à Moulins ?

Simone Boutry : Oh que oui, et j’en suis ravie. Hâte que ce projet aboutisse afin d’y passer d’agréables moments, à boire un café en terrasse face à notre belle rivière.

Le magazine de septembre 2017

Esprit Sport et Bien-être – #004 A la rencontre du Projet Péniche
LE LIVE DE AUDE & JULIE [#001] – Le projet péniche de Moulins

Pin It on Pinterest

Share This