Rencontre avec Gilles Belloni, un des pionniers de la boxe thaïlandaise en Europe

par | 17 Jan 2017 | Allier, Rencontre, Saint-Aubin-le-Monial, Sport, Sport de Combat

Nous avons rencontré Gilles Belloni à St-Aubin-le-Monial. Fils d’une maman native de Franchesse et d’un papa corse, il est l’un des pionniers de la boxe thaïlandaise en Europe dans les années 70.

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Gilles Belloni

Esprit Sportif : A quel âge avez-vous commencé la pratique des arts martiaux ?
Gilles Belloni : Petit, j’étais un enfant un peu turbulent. Mes parents m’ont imposé un sport de combat pour me canaliser. Depuis l’âge de 7 ans, j’ai ainsi pratiqué tous les arts martiaux traditionnels japonais tels que le judo, le kendo et le karaté. A l’époque, la boxe thaïlandaise, un autre art martial, n’existait pas encore en France.

Une vraie passion était née ! Je suis devenu par la suite assistant de mon professeur et, vers l’âge de 17 ans, enseignant dans une grande salle à Paris.

ES : Comment avez-vous découvert la boxe thaïlandaise ?
GB : Suite à de nombreuses rencontres, et notamment celle de deux professeurs de boxe anglaise à Paris qui m’ont initié à cet art pugilistique (uniquement avec les poings). De là est venue cette idée d’ajouter des coups avec les pieds. Coïncidence ou pas, j’avais lu un article un jour dans la presse qui parlait de la boxe thaïlandaise, un sport qui unissait les deux (poings et pieds) mais il était encore méconnu en Europe. Depuis, cette passion pour ce sport ne m’a plus quitté.

ES : Comment avez-vous appris cette discipline, en sachant qu’elle était méconnue en France ?
Rencontre avec Gilles Belloni, un des pionniers de la boxe thaïlandaise en Europe - ArticleGB : Ma rencontre avec Patrick Brizon, professeur dans une salle d’arts martiaux à Clermont-Ferrand a changé ma vie. Lui-même connaissait cette discipline et c’est lui qui m’a appris les techniques de la boxe thaïlandaise. Par la suite, il est venu l’initier dans ma salle à Paris, la pratique commença à se faire connaitre timidement.

A 26 ans, je suis parti pour la première fois en Thaïlande durant 4 mois dans des camps d’entrainement et je suis revenu en France avec des techniques très pures et beaucoup de motivation. Cela m’a permis de former d’autres professeurs dans beaucoup de pays tels que la Suisse, l’Espagne, la France, la Belgique, la Suède, la Hollande,…

Patrick Brizon, Roger Pashy (grand karatéka) et moi-même avons donc été les premiers à importer la boxe thaïlandaise en France et en Europe. Nous avons fait venir des Thaïlandais en France et inversement, des français sont partis en Thaïlande.

Rencontre avec Gilles Belloni, un des pionniers de la boxe thaïlandaise en Europe - ArticleES : Y-a-t-il eu des grandes compétitions en France ?
GB : Oui, la première que j’ai organisé fût le 1er combat France/Thaïlande organisé au Cirque d’Hiver à Paris en 1983. Et bien d’autres par la suite, au Palais des Sports aux Portes de Versailles, à l’Elysée Montmartre,… Nous avons même emmené notre première équipe française en Thaïlande avec 5 combattants dont Patrick Brizon pour une compétition organisée par la télévision thaïlandaise. Là-bas on nous appellait « Les petites vedettes de Thaïlande», alors qu’en France nous étions dans la confidentialité.

ES : Comment avez-vous fait pour promouvoir cette nouvelle discipline ?
GB : De l’âge de 26 à 37 ans, j’ai fais beaucoup d’aller-retour Paris/Bangkok afin de promouvoir ce sport. La notoriété en France est venue grâce aux médias et aux people. Johnny Halliday, Bernard Giraudeau, Michel Jonasz, Lino Ventura, … sont venus dans ma salle. Jacques Villeret s’intéressait aussi beaucoup à cet art, il est venu voir beaucoup de nos évènements. Le journaliste Jacque Pradel a crédité ce magnifique sport suite à mon interview ainsi que des émissions TV (dont Canal + avec Yves Mourousi et bien d’autres…). Vous pouvez regarder sur You tube, de nombreuses vidéos sont en ligne. Il faut savoir que le tout premier GIGN est venu s’entrainer dans ma salle. Aujourd’hui, il existe une fédération officielle et des professeurs sont formés régulièrement.

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Tournage du film « Le Ruffian » de José Giovanni en 1983, auquel Gilles Belloni a assisté pour la mise au point des bagarres

ES : Que vous a apporté ce sport et qu’êtes-vous devenu aujourd’hui ?
GB : Ce sport m’a apporté de merveilleuses rencontres et j’ai fait de nombreux voyages. Une vie d’aventure ! J’ai arrêté de pratiquer à l’âge de 38 ans en 1989 tout en continuant de garder un œil sur ce sport.

Gilles Belloni conclu : Aujourd’hui, j’ai 65 ans et retraité. Je suis revenu dans l’Allier par rapport à la famille de ma maman. Vous pouvez me rencontrer à l’Auberge de Saint Aubin le Monial où travaille ma femme Marion. Pour la petite histoire, elle était une de mes élèves à Paris et depuis nous ne nous sommes plus jamais quitté, cela fait 35 ans. Mon fils a également pratiqué ce sport. Pour ma part, j’ai toujours l’âme d’un sportif, je fais du golf et j’ai gagné récemment mon premier trophée. Et je pars régulièrement, environ tous les 18 mois, en Thaïlande rejoindre ma famille de cœur.

 

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